Les propos de Saint-Beuve (essayiste, poète) dans son fameux article sur la “littérature industrielle” trouvent un écho aujourd’hui sur le web et la révolution d’Internet reprend curieusement quelques-unes des caractéristiques de la presse à grand tirage sous la Restauration.
Aparté : Sainte-Beuve semble même avoir prévu les difficultés que rencontre de nos jours l’activité critique. Son fameux article contre la « littérature industrielle », c’est-à-dire la littérature dont les auteurs proclament officiellement qu’elle leur sert de gagne-pain, annonçaient le temps où les critiques se trouveraient contraints d’atténuer leurs avis pour des motifs économiques. Dans le même sens, le processus amorcé par Les Confessions de Rousseau — processus qui n’a fait que croître et embellir de Sainte-Beuve jusqu’à nos jours, dans des proportions que l’auteur des Lundis aurait eu de la peine à imaginer — tend à restreindre encore plus l’exercice serein de la critique. Comment en effet celle-ci pourrait-elle développer librement ses argumentations sans paraître remettre en question la personnalité de l’auteur lui-même, qui affirme, comme Rousseau, se livrer tout entier dans son œuvre ?
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Avec cette différence, cependant, que la circulation des écrits sur Internet contribue plus que les medias traditionnels à construire du lien social.
La notion de communauté est une dimension essentielle de l’écriture sur le Web.
Au-delà de l’affirmation de soi, l’écriture peut y être aussi une forme de partage des connaissances, de collaboration à des projets communs. Des listes de diffusion aux listes de discussion, des wikis aux collecticiels, les écritures en ligne apparaissent ainsi potentiellement comme de nouvelles manifestations de solidarité et de citoyenneté.













