Si la célébrité de Tanger s’est avant tout nourrie du patrimoine littéraire et artistique internationale, ses intellectuels ne sont pas étrangers à l’entretien de cette notoriété. Des écrivains comme Tahar Ben Jelloun, et Mohamed Choukri, des cinéastes comme Farida Belyazid, Jilali Ferhati et Moumen Smihi font vivre différemment, et chacun à sa manière, la ville, leur ville, réelle ou imaginaire.
A travers ces œuvres, Tanger n’est jamais la même. Pour certains, elle n’est qu’un décor factice où se déroule une fiction étrange de protagonistes en mal d’exotisme, pour d’autres, la ville est un lieu mystérieux et évasif, un lieu imaginé de l’impossible quête, un lieu de liberté mythique.
Ville millénaire aux multiples facettes ; Tanger fit tantôt une cité-phare et capitale qui contribua pleinement aux civilisations méditerranéennes, tantôt un petit port replié et dérisoire, oublié de l’histoire, incendié et parfois anéantie par les envahisseurs et les conquérants de passage.
Coupée, isolée de son arrière-pays, la cité regardait vers le nord ; elle eut souvent des tendances centrifuges. Rome la houssa au rang de métropole. Lieu de convergence des grandes voies terrestres et site privilégié d’embarquement vers Rome, Tanger devint résidence du procurateur de la Mauritanie Tingitane. Berbères, Romains, populations d’origines diverses provenant des côtes méditerranéennes firent d’elle un creuset culturel dans l’Antiquité.

