Il y a au moins deux façons d’écrire. Il y a l’écriture - travail, celle qu’on planifie, qu’on organise, qui consiste à faire le métier d’écrivain. C’est l’écriture qu’on décide de démarrer le matin à huit heures, celle du lent et patient travail au bureau. C’est l’écriture des romans, des essais, des ouvrages qu’on dit sérieux. Et puis il existe une écriture dématérialisée puisque sans « objet ». C’est d’abord l’écriture d’une histoire de vie, c’est la vie elle-même et la manière de la prendre. De la recevoir et de la prendre.

     De la surprendre.

     Cette écriture-là, on ne la prend pas par vocation, on ne la choisit pas. On ne la veut pas. Elle n’est ni métier ni activité. On peut avoir l’instinct de vivre et en même temps en éprouver la plus grande difficulté. Il n’y a alors que l’écriture intérieure pour en faire la relecture, pour tenter de décrypter le sens de ce « mal-être »… C’est se voir tel qu’on est, avec sa difficulté de vivre, et l’accepter. C’est abandonner la vie rêvée des autres pour se consacrer à la sienne, à l’acceptation de la sienne…

    La voilà ma façon d’écrire. Même si elle est plus façon d’être que rédaction. Parfois la pression est intenable et je prends la plume. La douleur s’estompe alors et avec elle toute raison d’écrire. J’aurais préféré me passer d’écrire, et mener une vie plus facile, plus spontanée, plus banale.
Finalement.

     De retour à une imperfection morale, pourquoi résister à cette contemplation que nous réserve « l’autre », celui qui nous aime mais également celui qui nous aime pas.

Se transcender de l’ordinaire, ambition ou volonté ?
Partir pour ne plus penser, partir pour se redévelopper, renaître.

Voila mon ambition

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